Rive de Gier

Ces Ripagériennes qui ont bousculé leur époque – 4ème partie : les Résistantes

Résistantes et sympathisants à l’école Burdeau de Rive de Gier. Au 1er rang de gauche à droite : n°2, Alice Escoffier, n°3, Mme Geneste, n°4, Mme Martin-Rosset, n°5, Mme Escoffier (mère d’Alice et Renée), n°6 Renée Escoffier. Collection privée.
Publié le 26 mars 2021

RESISTANTES (2)

La lutte des femmes pour leurs droits mérite plus qu’une journée par an. Tout le mois de mars, nous présentons des Ripagériennes qui ont fait avancer la cause des femmes dans l’Histoire, avec une série de portraits préparée par le service des Archives Municipales. Aujourd’hui : les Résistantes.

Durant les cinq années d’occupation jusqu’à la libération (1940-1944), les femmes résistent de multiples manières : elles sont agentes de liaison, infirmières, combattantes, dirigent des réseaux, hébergent des clandestins, organisent des évasions, collectent et transmettent des informations, des faux papiers… Un engagement total et des sacrifices suprêmes alors même qu’elles n’ont pas encore le droit de vote ! (voir notre article « 1945, enfin électrices et élues »). Grandes oubliées de l’Histoire, on a longtemps minimisé leur action. Elles représentent pourtant près de 20% des forces de la Résistance et environ 15% des déporté(e)s et interné(e)s.

La situation à Rive de Gier

En 1939, Rive de Gier compte 14.500 habitants. Plus d’un millier d’hommes sont mobilisés et partent au front tandis que les ouvriers sont réquisitionnés sur place pour travailler dans les usines d’armements de la ville (Marrel, Duralumin, Forges et Aciéries de la Marine). L’émergence des mouvements de Résistance à Rive de Gier, est favorisée par sa position géographique, entre deux grandes villes. Dès 1940 des groupes de résistants commencent à se structurer. Plusieurs « attentats » sont perpétrés par les résistants pendant l’occupation. Des rapports du commissaire de Police sont conservés au service des archives de Rive de Gier, comme cet « incident » survenu le 24 septembre 1943, un acte de sabotage perpétré à l’usine d’armements Duralumin. Ou encore l’exécution de l’inspecteur de police Honoré Coquat.

Résistantes et sympathisants à l’école Burdeau de Rive de Gier. Au 1er rang de gauche à droite : n°2, Alice Escoffier, n°3, Mme Geneste, n°4, Mme Martin-Rosset, n°5, Mme Escoffier (mère d’Alice et Renée), n°6 Renée Escoffier. Collection privée.

Résistantes et sympathisants à l’école Burdeau de Rive de Gier. Au 1er rang de gauche à droite : n°2, Alice Escoffier, n°3, Mme Geneste, n°4, Mme Martin-Rosset, n°5, Mme Escoffier (mère d’Alice et Renée), n°6 Renée Escoffier. Collection privée.

Hommage à six femmes engagées

Plusieurs Ripagériennes se sont engagées dans la Résistance et y ont joué un rôle actif. Ne les oublions pas ! En voici quelques unes, pour mémoire :

Marguerite MEUNIER, épouse BEAUVOIR

Née le 11 novembre 1913 à Rive de Gier, elle épouse Antoine Marcel Beauvoir le 22 octobre 1935 à Rive de Gier. Elle est couturière, agente de liaison et de renseignements dans la Résistance. Elle rejoint la Résistance très tôt en juin 1941 avec son mari Antoine. Ils intègrent ensemble le Réseau du Général Cochet à Montélimar et sont dénoncés suite à un transport d’armes destiné au maquis. Elle est arrêtée le 5 juin 1944 dans son atelier de couture puis emprisonnée au fort de Montluc à Lyon. Son mari est exécuté comme otage le 19 juillet 1944 avec 51 autres prisonniers, tandis qu’elle est déportée dans le camp de concentration de Ravensbrück (Allemagne) où elle meurt le 01 avril 1945. Marguerite Meunier fut décorée à titre posthume de la Médaille des Prisonniers Civils Déportés, et promue au grade de Sergent de la Résistance Intérieure Française, et décorée de la Médaille de la Résistance. « Morte en Déportation, Morte pour la France », son nom est inscrit le 28 avril 2019 sur le Monument aux Morts de Rive de Gier. Elle est également honorée à Lorette où une salle de la mairie porte son nom.

ALICE_ESCOFFIERAlice ESCOFFIER

Née le 18 juillet 1900 à Rive de Gier, rue des deux marchés et décédée le 1er décembre 1983 à Lyon, Alice Escoffier est enseignante à l’école Burdeau où transitent tracts, faux papiers et cartes d’alimentation. Résistante active, elle rejoint le groupe Francs-tireurs dès 1941 avec sa sœur Renée. Elle donne refuge à plusieurs résistants dans son appartement ou celui des Martin Rosset avec qui elle rentre dans l’Armée Secrète de la Loire en 1943. En 1944, membre du Comité de Libération de Rive de Gier, elle est nommée au conseil municipal provisoire. Une plaque commémorative apposée le 8 mai 1997 lui est dédiée sur la pile ouest du portail de l’école Burdeau. Elle est décorée de la Médaille de la Résistance en 1946.

Renée ESCOFFIER

Née le 12 janvier 1905 à Rive de Gier, rue des deux marchés. Résistante du groupe Franc-Tireur à Lyon. Décédée le 22 octobre 1995 à Givors. Médaille de la Résistance.

Germaine Martin-Rosset (2)Germaine Anna NEURY épouse MARTIN ROSSET

Née le 05 septembre 1910 à Bessay dans l’Allier et décédée le 21 juillet 1975 à Rive de Gier. Elle épouse le résistant Francis Pierre Martin-Rosset. Enseignante, collègue et amie d’Alice Escoffier, elle diffuse les journaux de la Résistance et à partir de 1943, entre dans le réseau de l’Armée Secrète sous la conduite du colonel René Gentgen et de Marcel Arnaud. Après la guerre, elle entra à l’Amicale des Anciens Résistants du Gier qu’elle présida. Elle exercera également des responsabilités nationales à l’ANACR. Elle animera des conférences et débats sur la Résistance et la déportation et se battra jusqu’à sa mort pour la reconnaissance des droits des résistants.

Marie-Antoinette MARREL

Née le 10 mars 1889 à Rive de Gier, elle est employée de bureau à Lyon pendant la guerre. Son appartement, quai de la Pêcherie à Lyon, servait de lieu de réunion à la Résistance. Elle est arrêtée le 18 décembre 1943 pour activité anti-Allemande et déportée en juin 1944 avec 552 autres femmes au camp de concentration de Ravensbrück (Allemagne) où elle décède le 15 février 1945. « Morte en Déportation, Morte pour la France », son nom est inscrit le 28 avril 2019 sur le Monument aux Morts de Rive de Gier.

Marie Fortunée FRAGNOLI, épouse BESSON

Née le 14 février 1907 à Rive de Gier, elle épouse Alphonse Jean Besson le 03 août 1924 à Lyon. Elle est arrêtée le 04 avril 1943 avec son mari pour fait de résistance à l’ennemi. Emprisonnée au fort de Montluc à Lyon puis déportée au camp de concentration de Ravensbrück (Allemagne), elle est affectée dans un kommando à Holleischen dans les Sudètes, où elle travaille dans une usine de munitions. Elle est libérée le 5 mai 1945. Elle est décédée le 21 novembre 1996 à Lyon 8e.


PLAQUE (2)Sources : Archives municipales de Rive de Gier ; Amicale des Anciens de la Résistance et Amis Secteur Gier ; Michelle DESTOUR, Rive de Gier 1939-1945 : une ville ouvrière dans la guerre, Éditions Alan Sutton, 2013 ; Gilbert GARDES, La cité industrielle de Rive de Gier, mémoire d’un patrimoine, Mémoire Sculptée, 2010 ; memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr ; Le Progrès


Pour en savoir plus :

http://forezhistoire.free.fr/images/62-Collectif-CVDF-Forez-Foreziens-guerre-Resistance.pdf

Musée Estivareilles – Musée d’histoire du 20è siècle – Résistance et Déportation

https://www.youtube.com/watch?v=KZwSeNMm10s&t=39s

Découvrez l’exposition en ligne consacrée aux femmes dans la Résistance :

https://www.civimedias.fr/fr/1939-1945-les-femmes-dans-la-resistance.html

https://c.leprogres.fr/rhone/2016/05/08/georges-meunier-dans-ma-famille-on-ne-parlait-pas-de-ma-tante-marguerite

https://c.leprogres.fr/loire-42-edition-gier/2019/05/05/deux-resistantes-de-rive-de-gier-ajoutees-sur-le-monument-aux-morts

L’association des Amis de la Fondation de la RésistanceMémoire et Espoirs de la Résistance

https://www.memoresist.org/

https://www.tl7.fr/actualites-loire/actualite/loisirs_31/des-femmes-dans-la-resistance_1711.html

https://c.leprogres.fr/loire/2017/01/04/les-resistantes-stephanoises-a-l-honneur

https://www.fondationresistance.org/pages/rech_doc/les-femmes-dans-resistance-france_cr_lecture33.htm

https://www.civimedias.fr/fr/1939-1945-les-femmes-dans-la-resistance.html

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